Non je ne me suis toujours
pas lancée dans la confection de la pâte feuilletée maison, ne sortez pas vos
pierres blanches, en revanche c’est le jardin de Daddy qui regorge de tomates « cœur
de bœuf » qu’il faut bien écouler d’une façon ou d’une autre. Surtout
depuis que Plectude a déclaré depuis 6 mois la guerre aux tomates en
tapant du poing sur la table: « P’aime pas la peaaaau !! ».
Et là où tout être-humain-non-mère
déclarerait avec un aplomb tout à fait normal à n’importe quel autre humain lui
faisant la même réflexion : « Ben mon brave, tu la mets en veilleuse
et si t’aimes pas, t’attends gentiment le plat suivant avec la politesse qui s’impose
et t’arrête de nous les briser menu », l’être-humain-mère que l’accouchement
a recouvert d’une carapace d’abnépatience à mesure qu’il lui détruisait le
fondement, prend un couteau, se dédouble, et se regarde du haut de l’armoire en
train de peler des tomates, à cru. En vain, évidement, puisque même laborieusement
débarrassées de leur épiderme et reproposées à la dégustation, le verdict reste
violemment le même :
« Beeeuurk c’est pas bon, pas bon du tout ! ».
« On ne dit pas "ce
n’est pas bon", on dit "je n’aime pas ».
« Beurk j’aime du tout
pas ! ».
Le leurre du gâteau ayant
plutôt bien marché pour le crumble de courgettes, j’ai tenté ma chance avec la
Tatin* de tomates.
*Je
ne veux offenser les connaissances en histoire de la gastronomie de personne
mais ce blog étant dévoré dans le monde entier, je fais un petit aparté
historique sur l’histoire de la fameuse
tarte. Les sœurs Stéphanie et Caroline Tatin officiaient à Monaco Lamotte-Beuvron à la fin du XIXe siècle dans un petit
restaurant en face de la gare. Un jour Caroline l’étourdie ayant laissé brûler
sa tarte aux pommes, eu l’idée de rajouter de la pâte par-dessus pour protéger
les pommes, de la remettre au four, et de la retourner une fois cuite. Et voilà
comment un faux pas peut parfois être providentiel…