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samedi 11 mai 2013

Food Factor épisode 6 : Smörgåstårta




Pour cet épisode de Food Factor, nous célébrons les un an de Humour, Gloire et … Beauté en soufflant ce magnifique gâteau d’anniversaire.
  

MATILDAS MAT

A l’œuf dur-mayo, aux radis, aux harengs et au pâté de foie.


Le (la ?) Smörgåstårta est un sandwich géant suédois qui se sert pour les anniversaires, Noël, Midsommar (fête de la St Jean) et présenté sous forme d’un gros gâteau kitsch. Cette bombe calorique composée essentiellement de pain, oeufs durs, mayonnaise et charcuterie ne pourrait que me plaire et ferait de surcroît une excellente épreuve de dressage dans Masterchef, non ? Un saladier de mayo, 10 boites de harengs, un jambon entier, un panier de légumes et faites nous un wedding cake !

Je vous laisse admirer quelques réalisations avec le lien vers leurs blogs (en suédois pour la plupart). 


PANINI HAPPY

KOKAIHOP

KRYDDBURKEN

Grattis på födelsedagen !!


mercredi 27 février 2013

Food Factor Episode 5 : Le gras de grenouille





Je revois encore le sourire sardonique de mon collègue, quand lors de mon premier voyage en Chine en 1998, ils ont posé ce bol sous mon nez sur la table. A l’aspect et l’odeur je n’aurai pas su trop où classer ça, mais quand ils ont apporté le lait de coco et le sirop de sucre, j’ai compris que c’était un dessert. J’ai prudemment arrosé ça de lait de coco, et innocemment, j’ai cru enfourner dans ma bouche une cuillérée de tapioca.

C’est fade, voire insipide, le goût prédominant sera donc celui de l’assaisonnement, dans ce cas le lait de coco. En revanche cela n’avait à mon sens pas la texture du tapioca mais plutôt celle de la graisse de viande refroidie, donc pas très agréable à mon palais qui a immédiatement fait le rapprochement. J’en ai quand même avalé quelques cuillères sans enthousiasme, avant d’entendre les murmures moqueurs autour de la table : « Frog fat ».

En réalité, ce n’est pas si simple que du gras de grenouille. Le hasma est issu de morceaux gras bien particuliers, localisés près  des trompes de Fallope d’une grenouille que l’on trouve en Chine, Mongolie, et Corée du Nord : la rana chensinensis. Ces morceaux sont conservés séchés, puis réhydratés avant d’être cuisinés (ils augmentent alors de 10 à 15 fois leur volume). Ils se servent bouillis, dans ces soupes sucrées appelées tong sui, et deviennent alors blancs pas tout à fait opaques, et très gluants et gélatineux, ce qui m’a fait le confondre avec du tapioca.

C’est aussi un élément de la pharmacopée chinoise, utilisé pour soigner les problèmes respiratoires.

Si vous avez l’occasion de le tester, n’hésitez pas, après tout c’est un mets chinois très raffiné et recherché. En toute objectivité gustativement pas terrible. Mais pas si terrible que ça, non plus..


dimanche 18 novembre 2012

Food factor épisode 4 : Les œufs de cent ans.





J’ai mangé … un certain nombre de choses avec des succès divers, en Chine, mais n’ai jamais réussi à passer le cap des œufs de cent ans ( 皮蛋 - Pidan). 

Caca d’oie n’est pas, pour mes yeux d’occidentale, une couleur de nourriture, et ammoniaque sulfuré n’en est pas un parfum. En plus chaque fois qu’ils ont croisés ma route c’était sur des buffets de petits déjeuner, rendant le cap encore plus difficile…

Ils n’ont pas cent ans, même si l’image est poétique, tout au plus une centaine de jours. C’est le temps qu’il faut à ces œufs (en général de cane) pour devenir de faux centenaires, une fois enveloppés dans une gangue de chaux, boue, riz non décortiqué, feuilles de thé et sel. Et contrairement à des légendes urbaines, ils n’ont jamais été macéré en aucune façon dans de l'urine de cheval, même si l'odeur qu'ils dégagent n'est pas très engageante.

Au final, le blanc d’œuf ressemble à une gélatine brune, et le jaune, resté extrêmement onctueux, prend une surprenante couleur vert-de-gris foncé.


Historiquement l’œuf centenaire daterait de la dynastie Ming (il y a 600 ans), après qu’un paysan a découvert et mangé un œuf qu’une cane avait pondu par erreur plusieurs mois auparavant, dans le bac de chaux qui servait à construire les murs de sa maison.

Il paraîtrait que c’est délicieux. D’aucuns y trouvent même des saveurs similaires au … foie de volaille ! Ils se mangent seuls, en snack avec du gingembre, dans des porridges de riz (congee), ou avec du tofu.

Maintenant, évidemment, avec du recul et plus de voyage en Chine en perspective pour les 100 ans à venir ...  je regrette de ne pas avoir goûté…

mardi 23 octobre 2012

Food factor épisode 3 : Trinidad Moruga Scorpion.


Je vous sens frémir.

Vous pouvez.

Si vous pensez à un arachnide à la mortelle piqûre, à un cocktail psychodysleptique hallucinogène ou à une des cibles potentielles de la Mariée dans Kill Bill 3, vous vous fourvoyez.

Pour vous expliquer à quoi se réfère ce nom aux relents d’aventures, je vais dégainer une nouvelle fois mon échelle de Scoville, qui m’a valu une popularité inouïe dans la famille de Hildegarde sur 5 générations.

Le Trinidad Moruga Scorpion est un piment.

LE piment .

Un piment endémique d’une petite région (Moruga) de l’ile de Trinidad & Tobago dont il tire son nom,  classifié depuis Février 2012 comme le plus fort du monde par le « Chile Institute » de l’Université du Nouveau Mexique .

Source = Chile institute - New Mexico State University

La force des piments, sur l’échelle créée par Wilbur Scoville qui mesure leur teneur en capsaïcine*, est basée sur un test organoleptique consistant à diluer successivement une solution de piment pur, jusqu’à ce que la sensation de brûlure disparaisse complètement. Le nombre de dilutions nécessaires représente le nombre d’unité de Scoville (SHU).

Le Moruga Scorpion (avec un score de 2.009.231 SHU sur mon échelle préférée), précède le Trinidad Scorpion Butch (endémique de la même ile – 1.463.700 SHU) , le Naga Viper  (hybride créé dans un laboratoire britannique 1.359.000 SHU ) et le Naga Bhut Jolokia (variété cultivée en Inde et au Bangladesh – 1.001.304 SHU).  Là où, à titre de comparaison, le piment de Cayenne atteint péniblement 50.000 SHU les jours de fête.

A quoi ça sert cette surenchère ? Basiquement à alimenter le Guiness Book of  Records, et à faire vivre des sociétés agro-alimentaires spécialisées dans la production de sauces pouvant égayer vos repas de famille, vos bizutages, et à éventuellement vous apporter une petite célébrité sur Youtube par vos démonstrations d’exhorbitations oculaires, de rivières lacrymales et de vomi.

Alors bien sûr, en réalité le piment ne brûle rien, ni votre bouche ni votre estomac, mais la capsaïcine irrite des cellules appelées épithéliums qui recouvrent les muqueuses des mammifères, créant ainsi la sensation de brûlure qui se traduit par une réelle douleur. Bref c’est le cerveau qui nous fait un canular !



Si vous souhaitez vous aussi vous adonner à ce genre de Jackasseries ou faire une bonne blague à votre grand-mère, vous trouverez ICI une impressionnante collection de sauces à vous échauffer sérieusement le goulot .

(Pour imbiber le slip d’un mari volage, préférez la capsaïcine* pure, utilisée dans les bombes/sprays de défense, très difficile à trouver mais qui a le bon goût d’être incolore)

Sachez enfin, si vous décidez de tester vos limites, qu’avaler des litres d’eau pour calmer le feu ne sert à rien. La capsaïcine est hydrophobe, mais liposoluble. Donc pour apaiser vos incendies corporels il faut  ingérer une substance à base de caséine, elle aussi lipophile, qui va se mettre à la place de la capsaïcine sur les récepteurs. Du lait, de la crème glacée, du fromage blanc et en cas de réel désespoir un verre d’huile  ou mordez la plaque de beurre !

Joyeux appétit.

*Molécule qui active les récepteurs de la chaleur des tissus.

mardi 18 septembre 2012

Food factor épisode 2 : Le goût de la Coriandre


Avant qu’elle ne devienne mon aromate préféré avec la feuille de kaffir, j’ai haï la coriandre. Enfant ou ado, lors de mes rares sorties de l’époque au restaurant vietnamien, cette herbe très aromatique que je ressentais comme une violente agression sensorielle et dont je ne connaissais même pas le nom, me gâchait systématiquement ma soupe. Je m’appliquais à en extraire toutes les feuilles une à une, mais il restait invariablement dans le fond du bol quelques miettes passées au travers de mon inspection qui me pourrissaient la dernière gorgée, et me laissaient dans la bouche un épouvantable arrière-goût qui durait jusqu’à la fin des nems.  
Je n’ai aucun souvenir de la période ni des raisons pour lesquelles mes goûts ont changés. Aujourd’hui, alors que j’apprécie très modérément son cousin persil, je pourrais en revanche manger de la coriandre en taboulé, ou en « persillade » sur à peu près tout et n’importe quoi.   
C’est pourquoi 2 études scientifiques de première importance (juste après « Pourquoi le rideau de douche se colle toujours à toi quand t’es mouillé ? » Ou « pourquoi l’autre file a toujours l’air d’avancer plus vite ?") ont attisé ma curiosité : A ma grande perplexité, la haine de la coriandre serait en partie génétique.
Les membres du site web  I HATE CILANTRO  (si, si ) qui proclament  “En fait nous sommes les personnes les plus rationnelles au monde. Aucun être humain en état de fonctionnement normal ne peut considérer, à aucun moment de sa vie, la coriandre comme comestible »,  ont enfin un argument de poids pour justifier de leur « normalité ».
23&Me une société de biotechnologie californienne donc l’activité principale est l’analyse ADN des particuliers, a comparé les données génétiques de 25000 individus pour constater qu’un nombre significatif de ceux qui trouvent que la coriandre pue le savon ou la punaise écrasée (sic), posséderait un gène codant des récepteurs olfactifs, en particulier un, l’OR6A2, détecteur des aldéhydes (qui sont des composants clés du parfum de la coriandre, ainsi que du savon .... ainsi que des punaises).
L’institut Monell de recherche sur l’odeur et le goût (Philadelphie)  a publié la semaine dernière une autre étude  portant sur les perceptions sensorielles de différents goûts d' aliments (dont la coriandre) chez des jumeaux, montrant également l’existence d’une influence génétique sur celles-ci.
Parmi toutes ces preuves de "prédestination" qui vont totalement à l’encontre de mon expérience personnelle, la réponse la plus nuancée vient du Dr Gottfried, neuroscientifique de l’université de Northwestern, comme moi ex-coriandrophobe converti. Il rappelle que le goût et l’odeur ont une importance première dans l’instinct de survie et évoquent des émotions fortes, car ils étaient des sens critiques pour trouver de la nourriture en évitant les poisons et les prédateurs. Quand nous goûtons à une saveur nouvelle, le cerveau « scanne » en quelque sorte sa base de données pour trouver une expérience passée à laquelle elle appartient. Si ce goût ne rentre pas dans le cadre d’une expérience familière mais rappelle, par exemple, des produits détergents, le cerveau détecte la discordance et la menace potentielle, ce qui génère des réactions de rejet.
Heureusement, toute nouvelle expérience amène le cerveau à mettre à jour sa base de données et à pouvoir modifier la perception d’un aliment. Ouf.
« Je n’aimais pas la coriandre, explique-il, mais j’adorais manger et, par force, je la croisais régulièrement dans mon assiette. Mon cerveau a donc développé d’autres expériences liées à la coriandre, comme le plaisir d’autres saveurs qui lui étaient associées, ou les moments partagés en famille ou entre amis. Alors, j’ai commencé à l’aimer. Je trouve qu’elle sent toujours le savon mais ne la ressens plus comme une menace, et j’apprécie toutes ses autres qualités. En revanche, si après la première fois que j'y ai goûté j’avais refusé d’y toucher à nouveau, je n’aurais jamais eu aucune chance de modifier cette perception ».

C'est donc vrai ? Il suffit d'essayer de goûter 7 fois quelque chose, dans des conditions favorables, avant d'arriver à l'aimer ?
J’attends donc avec impatience que Jason Statham me fasse bouffer pendant une semaine des salsifis sur une terrasse en bois couverte de fleurs de frangipaniers et surplombant l'océan.

Je vous tiens au courant …


samedi 8 septembre 2012

Food Factor Episode 1 : Deep Fried Butter


Il serait dommage de garder jalousement pour moi toutes les choses… étranges que j’ai pu découvrir au hasard de mes pérégrinations culinaires. Me considérant pourtant curieuse et assez peu impressionnable en la matière, cette nouvelle rubrique vous fera découvrir, de temps en temps, ce qui a pourtant réussi à me laisser coite, la mâchoire pendante, la larme à l’œil, le cœur battant ou l’estomac au bord des lèvres…

 On commence par quelque chose qui pourrait paraître soft. Aucun animal étrange ou ingéré vivant, pas d’abats douteux, de préparation défiant les lois de l’hygiène, d’odeurs pestilentielles, non rien qu’un ingrédient très basique de toute cuisine qui se respecte, qu’Abel Gonzales, un américain, a eu l’idée  de convertir en 2009  en une abomination culinaire doublée d’une arme biologique de première catégorie. 

Je vous présente :
LE BEURRE FRIT