J’ai cru pendant longtemps
que je n’aimais pas le poisson.
C’est bien simple, jamais il ne me vient à
l’idée d’en commander au restaurant. Jusqu’à ce que je découvre le poisson cru,
il y a quelques 15 ans de cela, à… Macao. Oui, bon OK... je me la pète grave, mais ceci dit quand on
voit le niveau de pollution de la mer de Chine, avec du recul, ce n’était sans
doute pas un bon plan. A l’époque, les restaurants japonais n’avaient pas
encore mis un pied en basse province (je vous rassure, ils ne sont toujours pas
arrivés ici, d’où ils se feraient probablement botter à
coup de moissonneuse-batteuse) et je n’imaginais même pas le poisson autrement
que cuit au beurre blanc, ou à l’espagnole - plancha, ail et huile d’olive - ce
qui me cause en général plutôt un haut le cœur. Mais la découverte fut si époustouflante
que, depuis, je ne mange du poisson quasiment … que cru, (essentiellement au
restaurant, donc soyons modestement lucide, quasiment … jamais), à l’exception
de quatre plats extrêmement pointus, que j’adore, et qui vont me valoir les
"hourras" des reines du raffinement culinaire : Les sardines et les anchois
grillés, la friture d’éperlans, et les anguilles en persillade !
Le rouget me donne des
rougeurs, et je lis, avec l’intérêt d’une poule en arrêt devant un couteau, des blogs
gastronomiques magnifiques disserter sur le st-pierre ou l’omble chevalier. Dans
un monde ou le poisson est le summum du raffinement, je n’ai jamais mangé ni l’un
ni l’autre… Pourtant de temps en temps (notion temporelle qui relève de l’ordre
de la trimestrialité) je me fais violence pour essayer d’en cuisiner un,
toujours préalablement découpé et surgelé, je l’avoue, l’écaillage, l’éventration,
le dépeçage et l’odeur de la bête sur mes doigts pendant une semaine étant pour
le moment encore du ressort d’une qu’hypothétique participation à Fear Factor.
Je sais que petite, je
mangeais volontiers des poissons plats, sole, limandes, carrelets, turbots, fraîchement
pêchés et vendus à la criée sur le port. Mon essai trimestriel a donc porté sur
du filet de sole, version Daily Marx.